Guy BeaujardlivresQuand j'entends les talons qui claquent,
j'entends les cerveaux qui se ferment
Louis Lyautey.

Le film rend hommage aux instituteurs français qui ont été aux côtés du peuple algérien

30 Octobre 2010 Le Midi Libre.

Le jeune réalisateur Larbi Abdi peaufine son film documentaire sur la mémoire inspiré du roman «Les couleurs du temps» du Français Guy Beaujard,qui a refusé de prendre les armes et s’était porté volontaire en Kabylie pour enseigner aux enfants les valeurs universelles et à la rencontre duquel était venu le colonel Mohand Oulhadj pour lui dire la reconnaissance de la population et du FLN. Les moments forts de la visite, cinquante ans après, de l’instituteur en Kabylie, ont inspiré le réalisateur et son équipe qui en sortiront bientôt un film documentaire d’inspiration mémorielle.Dans l’entretien qu’il nous a aimablement accordé, le réalisateur revient avec plus de détails sur ce film à déclinaison historique où la dimension humaine se le dispute à l’émotion.

Midi Libre : Guy Beaujard est l’un des  instituteurs français les plus réveillés au cas algérien durant la révolution. Mais pourquoi lui particulièrement dans l’un des plus délicats des produits audiovisuels, le documentaire ?
Abdi Larbi : La réponse est en partie contenue dans la question. Mais en plus de cela se greffent un certain nombre d’atouts artistiques et thématiques qui plaident pour un produit de ce type. Le sujet est à la mesure du défi qui se pose à ce genre de produits qui fait la part belle à l’humanité, à l’émotion et à l’universalité.

Quelle est l’histoire de votre documentaire et quel historien vous a inspiré pour le scénario ?
L’histoire est celle d’un être humain qui aime ses semblables. Guy Beaujard, de par les tribulations subies dans son corps et sa chair, d’abord de la part de ses parents puis des tenants de l’ordre colonial, a trouvé et vécu à Tifrit Naït Oumalek  l’enfance, l’adolescence et la maturité qu’il n’a pas eues chez lui. Sa rencontre avec le chef historique de la révolution le colonel Mohand Oulhadj dans le maquis a scellé cette histoire dans ce qu’elle avait de bouleversant humainement. Les sources de motivation pour l’écriture du scénario sont d’ordre humain, esthétique et historique compte tenu de la situation qui prévalait dans les colonies à l’époque. Des documents attestent de cette vérité qu’il fallait absolument porter sur écran.

Vous êtes un jeune réalisateur, quelle est votre filmographie ?
J’ai écrit et réalisé un film intitulé «les chemins du destin», une fiction sociale qui traite des qualités d’un jeune Algérien confronté aux aléas de la vie. Actuellement, je suis sur un film documentaire sur la thématique de l’environnement et de l’écologie d’après une étude qui a été menée par des étudiantes en biologie. L’encadrement de tout ce travail se fera avec M. Salem Hammoum. J’ai écrit un scénario de fiction intitulé «Tendre épine» mettant en vedette un jeune couple qui s’est perdu de vue avant de se retrouver huit ans après.

A quel stade est votre produit, quand sera t-il diffusé et avec quelle maison de production?
Nous avons filmé avec Beloua Production plus de huit heures de rushs qu’on est en train de monter. Un exercice difficile car toutes les  images et les plans filmés sont de très bonne qualité d’où le dilemme de la sélection des images et des scènes toutes émotionnelles et esthétiques les unes que les autres, notamment la séquence de Moknéa où le colonel  Mohand Oulhadj a rencontré Guy…Des images renversantes d’humanité et de sensibilité prises dans le cadre enchanteur du village traditionnel de Moknéa. C’est aussi un documentaire témoignage sur une page glorieuse de notre histoire à travers les passages relatant les propos et la vision d’indépendance d’un chef historique de la révolution. Sans être un documentaire historique, ce film glorifie  l’Algérie. Le film sera prêt avant le 11 décembre.

L’idée de départ destinée à filmer simplement l’arrivée de Guy en a été ainsi modifiée ?
Oui. Notre vision de départ a été largement modifiée après que notre scénariste Mr Salem Hammoum eut pris connaissance du livre et revisité les lieux de tournage comme Moknéa, un village entièrement conservé dans l’ex-royaume de Koukou. L’architecte-chercheur Pierre Crozat, un spécialiste des pyramides ayant participé à des projets à Alger en 1969 fut saisi d’émerveillement devant la beauté naturelle de ces sites qu’il envisage de proposer pour classement à l’Unesco en consultation avec l’Etat algérien.
Cela en sus, et comme on l’a dit, à la thématique de la participation désintéressée d’humanistes français à la cause de l’indépendance des esprits qu’il ne faut, à mon sens, pas oublier.

Vos ambitions et vos projets pour le futur ?
Pour l’heure, participer aux festivals internationaux comme au Cinéma Nature en France dont les organisateurs m’ont invité pour présenter mon film sur la quantification et la valorisation des déchets pour me frotter aux cinéastes de tous les pays. Cela reste un moyen pour réaliser des projets qui attendent d’être concrétisés d’autant que j’ai écrit plusieurs scénarios.

Ce documentaire raconte t-il une période précise? Les exploits de Guy ou une période de sa vie ?
Le film traite de plusieurs périodes en une. La vie controversée de Guy depuis son enfance où il a été jeté en prison à l’âge de trois ans jusqu’à son retour en Algérie soixante-six ans après, défile dans ce film car dans les yeux de l’instituteur on voit luire tantôt une lueur enfantine, tantôt la lueur d’un adulte en proie à un trouble intérieur. La vie de Guy est un perpétuel combat pour les idées d’émancipation des esprits. Récemment, il a tenu une conférence à l’école des enfants de la troupe en France où il a dit son dépit à des camardes, dont des généraux, qui avaient choisi de rester à l’école et d’embrasser une carrière de militaires à l’esprit embrigadé par des idées vieillottes.  Ses exploits résident dans le combat permanent qu’il a mené toute sa vie pour un meilleur ordre humain mondial.

Un dernier mot ?
Il ira à tous ceux qui nous ont aidés de près ou de loin à la réalisation de ce film à commencer par Karima la secrétaire commerciale de l’aéroport Houari-Boumedienne, son P-DG, la famille Idir Mouhache, Karima Aguioune, Kahina et les villages Tifrit et Moknéa notre scénariste Salem Hammoum et le directeur photo Karim Sadi ainsi que toutes les autorités et les administrations sans qui ce documentaire n’aurait pas vu le jour. On n’omettra pas l’animatrice Zahra Ferhati de la TV 4 ainsi que son directeur M. Saïd Lamrani qui nous ont fait l’honneur de nous recevoir avec Guy Beaujard.

Propos recueillis par Chafika Kahlal
 

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